July 8, 2011

Reprise de l'article: "Op SafeKids : Anonymous aide Facebook à démanteler un vaste réseau pédophile"

Il s'agit d'un article publie prealablement sur Reflets.info par Fabrice Epelboin
Je le reprends en l'etat, en enlevant juste les illustrations, pour ne pas faire de hotlink sur les serveurs de Reflets.info
[MaJ2]: A lire egalement sur Reflets.info

[MaJ1]: En complement pour bien comprendre le cadre qui entoure cet article et toute cette operation, je recommande egalement d'autres references:
Sur le site de Korben, les commentaires sont comme souvent tres important
Sur Reflets.info egalement, la encore les commentaires en dessous de l'article sont a lire

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Facebook, qui de son coté travaille avec le National Center for Missing and Exploited Children sur l’affaire, démantèle en ce moment, suite à une enquête lancée par Anonymous, un gigantesque réseau pédophile qui avait un temps pensé s’installer sur le plus gros réseau social de la planète.

S’implanter dans les terres d’un service qui fait de vos données personnelles un commerce était à n’en pas douter une erreur fatidique pour les trafiquants d’êtres humains, une erreur qui va leur couter très cher. On imagine que les services de lutte contre la pédophilie américains s’en donnent à cœur joie et voient leurs enquêtes progresser à pas de géant : des milliers de photos d’enfants, de profils d’adultes, des photos pédopornographiques partagées mettant en lumière un vaste réseau international…

L’opération SafeKids d’Anonymous, commencée le 27 juin, s’est déclenchée suite à la découverte par un membre d’un profil mettant en scène un adulte proposant des photos clairement d’ordre pédophile. Elle a rapidement rassemblé plus d’un millier de membres sur la page Facebook de l’opération, et donné lieu à un communiqué.

Fréquemment en contact avec Anonymous, inscrit dans le milieu et la « philosophie hacker », et possédants déjà une ample connaissance de la problématique pédophile sur internet, Reflets.info a été contacté par des opérateurs de Op SafeKids afin d’alerter Facebook de l’ampleur du désastre et de leur demander d’assister Anonymous dans ce qui ressemble à l’un des plus vastes coup de filet jamais mené contre le trafic d’enfants. C’est une véritable enquête collaborative qui a été lancée par Anonymous afin de débusquer ce qui ne semblait au départ être qu’un réseau d’une centaine de profils, et qui s’est révélé bien plus vaste. Infiltration, harcèlement, dénonciation, différentes stratégies ont été utilisées pour démanteler un réseau pédophile international, confortablement installé sur Facebook, depuis à priori peu de temps.

Pas d’attaque DDOS, pas de communiqué tapageur destiné à déclencher l’hystérie des média, l’opération menée depuis plus d’une semaine par Anonymous, à laquelle participe Facebook depuis la fin de la semaine dernière, se distingue de ce à quoi le groupe nous avait habitué jusqu’ici. Soutien et participation active de mères de famille qui ont rejoint Anonymous à cette occasion, de victimes de maltraitance enfantine qui ont répondu à l’appel et alliance tacite avec différents groupes gays présents sur Facebook : c’est visiblement le soucis de l’efficacité dans la lutte contre la maltraitance enfantine qui a primé sur tout le reste, en particulier la tentation de faire du buzz et d’alerter la presse.

Au cours d’un échange avec l’un des administrateurs de la page Op SafeKids, quelques jours après le début de l’opération, il fut convenu qu’il serait raisonnable d’alerter les autorités, en l’occurrence Facebook. Cela permis non pas le démarrage d’une enquête – elle était déjà en cours chez Facebook – mais d’une coordination des ressources dédiées à l’enquête par Facebook et les autorités Américaines, modestes par rapport aux forces qu’Anonymous a entrainé dans ce combat, et qui jusqu’ici tâtonnaient. Une fois Facebook alerté de l’enquête collaborative d’Anonymous, le rythme des désactivations de profils s’est emballé et a permis aux autorités de frapper vite et fort. Le tout aura été d’une efficacité redoutable : les profils découverts par Anonymous sont désormais mis hors ligne dans la minute, et l’enquête progresse à pas de géant.

A ce stade de l’enquête d’Anonymous et selon les informations que des éléments du groupe nous ont fait parvenir au fur et à mesure de leurs investigations, il est possible d’avancer que les profils « marchandise » (des enfants de 4 à 10 ans environ) semblent provenir de Turquie, de Thaïlande et d’Indonésie, mais certains « catalogues » débusqués plus récemment mettent en scène des enfants « caucasiens », à peine plus âgés, sans qu’il soit possible de déterminer avec plus de précision leur origine, les « fans-clients », eux, seraient plutôt originaires du moyen orient et d’Europe.

Au milieu de ces profils « catalogue » exposant des enfants comme dans un rayon de supermarché, et clairement distinct des profils « fans » de ce que l’on imagine être des prospects, se trouve également une autre catégorie de profils : de véritables prédateurs dont l’objectif, pour certains cas qui nous ont été rapporté, est très clairement d’attirer dans leurs filets de très jeunes homosexuels.

C’est après avoir confronté un « profil pédophile » de ce type, au centre de ce premier réseau, un homme d’une soixantaine d’année originaire d’Allemagne parlant aussi bien le Thaïlandais que l’Anglais, puis après avoir infiltré son réseau d’ « amis » qu’Anonymous a démantelé un premier « catalogue », avant de tomber sur un réseau bien plus vaste. Celui-ci a, à son tour, été infiltré et harcelé par Anonymous, il est en cours de démantèlement.

Aller sur Facebook aura été une erreur fatale pour ce qui ressemble ni plus ni moins à une tentative d’utiliser Facebook pour faire de l’eCommerce avec des gosses comme produits. Nul doute que ce genre de commerce à grande échelle existait avant Facebook et avant internet, comme en témoigne cette enquête parue en Allemagne il y a deux mois, passé totalement sous silence en France, mais il faut croire qu’il était plus discret. Il va désormais voir fondre sur lui les légions d’Anonymous et une cohorte d’agents du FBI. Fail.

Pour Anonymous, ainsi que pour Facebook, c’est un « Epic Win ». En une semaine et à eux deux, ils auront fait faire plus de progrès à la lutte contre la maltraitance enfantine que bien des associations de protection de l’enfance ne l’ont fait ces dix dernières années.

C’est également un camouflet pour la loi Loppsi qui, pour lutter contre la pédophilie, propose tout bêtement de la rendre invisible, en sortant l’arme de la censure d’internet.

Dormez, braves gens, tout va bien. Le nuage de Thernobyl ? Il s’est arrêté aux frontières. Ferry ? Ta gueule.

L’opération des Anonymous continue à ce jour et n’est pas prête de s’arrêter. Limitée à Facebook pour l’instant, elle devrait s’étendre rapidement à tout internet et certainement au delà. L’extrême efficacité de la collaboration entre Facebook et Anonymous devrait certainement amener beaucoup de monde à aller au delà de la propagande et des préjugés qui entourent le concept d’Anonymous, et repenser son utilité dans le monde d’aujourd’hui et la place qu’un tel mouvement social est appelé à tenir dans le monde de demain. Après avoir aidé à faire tomber deux dictateurs, Anonymous a sans doute sauvé Facebook – sans qui la mise à pied desdits dictateurs n’aurait sans doute pas été possible. Un geste avant tout motivé par le soucis de la protection de l’enfance plus que par une quelconque reconnaissance envers Facebook, le réseau social ayant eu jusqu’ici une attitude plus que circonspecte face au phénomène Anonymous.

Une semaine à peine après le lancement d’un réseau concurrent par Google, Facebook doit désormais à Anonymous une fière chandelle, le plus gros réseau social de la planète, avec plus d’un demi milliard de membres, vient de crowdsourcer (gratuitement) une tâche de police essentielle, celle de la sécurité des enfants face aux pédophiles sur son propre réseau. Mais il a aussi et surtout contribué de façon décisive au démantèlement d’un trafic international d’enfants d’une envergure considérable.

Anonymous mettra très probablement en place des dispositifs d’aide aux victimes, leur permettant de requérir l’attention d’Anonymous à l’instant où ils sont victimes de harcèlement en ligne. Il est permis de penser que nous somme à la veille de trouver une solution à la pédophilie sur internet, qui non seulement en fasse un lieu plus sécure pour les enfants, mais qui contribue de façon significative à lutter – dans le vrai monde – contre la maltraitance enfantine.

Cet article n’est pas illustré de photos, il est hors de question de mettre plus en danger ces enfants qu’il ne le sont déjà, encore moins question de publier, même brouillées, des photos pornographiques mettant en scène des petits garçon et des petites filles, et il est absolument inutile de nous en demander pour illustrer des articles de presse. L’idée qu’une mère de famille découvre dans nos pages ou par notre intermédiaire la photo d’un enfant disparu nous est rigoureusement intolérable. Soyez assuré que les autorités font leur travail, et à titre personnel, pour avoir étudié la question, je peux vous garantir que le américains sont certainement ce qui se fait de plus efficace en la matière. Si vous souhaitez en savoir d’avantage sur ce commerce ignoble et sa dimension internet, je vous recommande la lecture de cette étude réalisée avec Wikileaks en 2009.

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[ajout d'un commentaire personel]

On peut tres bien reprocher a l'Operation le cote Justice Populaire, qui associe denonciation, chasse a l'homme, justice des foule, mais pas justice de droit. C'est a mon sens la principale remarque que l'on peut faire sur cette action des Anonymous. Recemment, un autre fait tres similaire c'est egalement passe au Canada: un chauffeur de bus a fait les frais de Youtube, de meme a Vancouver, lors de recent evenements sportifs. Ce phenomene de denonciation par Internet, de societe de "sousveillance", copwatch, va certainement de plus en plus se developper, tout comme l'avais precedement fait en 2000 un tabloid anglais. Dans la phase de re-apprentissage de vie en societe que nous sommes en train de traverser avec la democratisation d'Internet. Tout le monde est a peut-pres conscient de la redecouverte de l'ecriture et des joies de la publication, il est donc desormais une autre etape de re-apprendre "le droit", re-apprendre que la justice ce doit d'etre desincarne et de prendre son temps, et que la chasse a l'homme publique n'est absolument pas un act de droit.

Autre interpretation, cette reaction du reseau peu aussi s'apparenter a un effet flamby (c'est completement different de l'effet Streisand), a trop vouloir le filtrer pour des raison de lutte pedopornographique, le reseau se defend de lui-meme pour montrer qu'il n'a pas besoin de filtrage pour lutter contre la delinquance sexuelle

Je tenais egalement a mettre en lien cette article avec une breve paru en janvier 2011 sur le Jakarta Post, qui parlait deja de l'utilisation du Super-Reseau Facebook pour le developpement du commerce d'enfants. D'ailleurs en Indonesie, le commerce et desormais le e-commerce c'est avant tout une histoire de confiance, de reseau d'amis, de contacts, Facebook etant l'une des premiere plateforme de E-commerce.

5 comments:

  1. Bien content de pouvoir lire cet article pour lequel je suis arrivé trop tard sur Reflets :)

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